 |
Interview de Marc Fragnière
Chaback: Pourrais-tu te présenter? Qui es-tu? Que fais-tu dans la vie?
Marc: Je m’appelle Marc Fragnière, j’ai trente-deux ans, je suis marié à Christine et je suis le papa de Noémie, de Jonathan et de Baptiste. Je suis journaliste et membre de l’église évangélique de la Béroche (NE).
Ch.: Tu surfes dans les milieux alternatifs chrétiens… Peux-tu nous dire ce qui t’y a amené?
Marc: Ado, j’ai découvert les divers mouvements alternatifs et j’ai été très attiré par la mouvance punk, l’idéologie squat et la théorie communautariste. J’ai toujours été un grand fan de musique dite alternative et j’ai découvert cette scène, ainsi que tout ce qui va avec. De fil en aiguille, j’ai appris à connaître des gens qui vivaient en marge de notre société et j’ai commencé à fréquenter des endroits où j’étais parfois la seule personne qui entretenait une relation, souvent chaotique, avec Dieu. J’étais pris le cul entre deux chaises, mais cette ferme assurance, telle que Paul la décrit, a toujours tenu bon dans mon cœur. Après mon école de recrues, je suis parti au congrès missionnaire Mission 96 à Utrecht. Pour mes vingt ans, j’avais demandé ce cadeau d’anniversaire à mes parents, parce que j’avais donné un rendez-vous en forme d’ultimatum à Dieu… En fait, c’est peut-être bien lui qui m’avait donné ce rancard… Là-bas, j’ai décidé de donner à Dieu la priorité dans ma vie, même si aujourd’hui encore c’est un choix difficile à honorer.
(...)
Ch.: En fait, qu’est-ce qu’un milieu alternatif chrétien?
Marc: C’est difficile de vouloir tout définir. Si tu entends «milieu» par «lieu», il n’en existe sans doute pas encore en Suisse romande. Dans nos contrées, il y a plutôt des situations où nous pouvons parler de notre foi et la vivre sans devoir à tout prix entrer dans l’arbitraire des «normes de jurisprudence évangélique». Ces situations, telles que je les expérimente, ont effectivement souvent un lien avec la culture alternative, que ce soit par les personnes ou les lieux qu’elles englobent. Jésus et sa bande s’affichaient clairement en marge des normes religieuses de l’époque, et ils vivaient quelque chose de fort, une vraie relation avec Dieu, dépourvue de religiosité ou d’habitudes liturgiques arbitraires. C’est cette simplicité et cette authenticité qui attiraient les gens du peuple et qui exaspéraient les pharisiens et les scribes.
(...)
Ch.: Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur les Jesus Freaks?
Marc: Je ne sais pas vraiment à quoi les Jesus Freaks ressemblent actuellement en Suisse. Je crois qu’il y a des communautés à Berne, Winterthur et Saint-Gall. Pour le reste, je ne sais pas. La communauté bernoise est la seule que je connais. Elle entretient de bonnes relations avec les autres églises. Vineyard lui prête ses locaux. Les cultes ont lieu un mercredi soir par mois. Si des francophones sont présents, il y a généralement une traduction simultanée. Le reste du temps, les gens se retrouvent dans des cellules. La louange y est très dynamique et la plupart des chants qui y sont joués ont été écrits en allemand ou en anglais par des Jesus Freaks allemands. J’aime beaucoup. Les textes sont souvent à la fois très terre à terre et très consacrés.
Ch.: Concrètement, que vivez-vous en famille?
Marc: Nous vivons les choses comme toutes les familles chrétiennes classiques. Rien d’exubérant! Dieu est le pilier (parfois vacillant) de ma vie et de celle de ma femme, donc logiquement aussi celui de ma famille. Nous prions avec les enfants et partageons notre foi au quotidien. Ils suivent l’école du dimanche à l’église de la Béroche.
(...)
Ch.: Tu viens d’organiser un concert de Noël, B4Xmas (n.d.l.r.: before Chrismas = avant Noël). Veux-tu bien nous en parler? Quels buts visiez-vous?
Marc: C’est l’association eternel.ch qui a organisé ce festival… Tout seul, je n’en mènerai pas large et c’est Matthieu Vouga qui est le véritable moteur du projet. Nous avons décidé d’organiser un festival pour célébrer l’anniversaire de Christ. Nous avons tenté l’audacieux coup de le faire dans un lieu neutre, voire carrément orienté, à la Case à Chocs. Nous voulions toucher le public habituel de la Case, les gens qui cherchent désespérément un truc à faire en cette période creuse, et aussi les chrétiens qui osent sortir de leur cocon. Parmi les missions de l’association figure la promotion des groupes chrétiens. Nous avons fait venir des groupes locaux, suisses et internationaux. En 2006, nous avions organisé le tout sur une soirée, et ce Noël nous avons tenté le coup de le faire sur un week-end (vendredi et samedi). Nous essayons également d’avoir un maximum de crédit auprès de tous nos partenaires (groupes, sponsors, public, sécurité, techniciens…). Par le passé, j’ai souvent assisté à des trucs organisés avec deux morceaux de bois et trois bouts de ficelle par des chrétiens. Bien sûr l’intention était bonne… Mais c’était le seul truc qui était bon… Nous voulons montrer que les chrétiens peuvent mettre sur pied des choses vraiment professionnelles. Pour cette raison, nous sommes tous des pros dans notre domaine. Cette année, nous avons bouclé les comptes sur une perte. Nous aurions pu nous arranger pour réduire drastiquement nos frais, mais cela aurait été branlant. Nous préférons avoir une perte que faire un peu de bénéfice sur un événement escamoté.
Ch.: Peux-tu nous donner les coordonnées des lieux dont tu nous as parlé, pour ceux que cela intéresserait?
Christnet: www.christnet.ch
Schwarze Braut: www.schwarzebraut.ch
Jesus Freaks: www.jesusfreaks.ch – Contact: Salome Wieland: salome@jesusfreaks.ch
Freakstock: www.freakstock.de
eternel.ch: www.eternel.ch – contact@eternel.ch.
Contact B4Xmas: Matthieu Vouga: matthieu@case-a-chocs.ch
Me contacter: marc@eternel.ch ou 079 833 08 25
Ch.: Merci infiniment, Marc!
Interview réalisé par Alain et Anne Kreis
L'interview complet dans ton chaback version papier !
|
 |